Alison Redford

Première ministre de l’Alberta • Octobre 2011 à mars 2014

--

Quand on questionne Mme Redford sur ce qu’on ressent lorsqu’on est la première femme premier ministre de l’Alberta, elle rit et dit deux mots : « costumes sombres. »

« Quand vous regardez dans ma garde-robe, vous pouvez voir ce que je portais quand j’étais première ministre. Costumes sombres, chemisiers à boutons de manchette, et des mocassins. Si je mettais une robe, elle était attachée à un costume. Sans même m’en rendre compte, l’image que je projetais et celle que voyaient les gens était : « Vraiment, c’est une femme. Mais regardez-la, elle a l’air d’un homme! Elle s’habille comme un homme ».

Comme pour la plupart des cas de femmes en politique, il y a des pressions plus fortes pour prouver qu’on est digne du poste, quelle que soit la longueur de votre liste de réalisations.

Mme Redford est née en Colombie-Britannique mais a grandi à Calgary en Alberta. Elle a obtenu un diplôme en droit de l’Université de la Saskatchewan et a travaillé sur la Réforme de la Constitution et du Droit, aussi bien au Canada qu’à l’étranger. Le Secrétaire général des Nations-Unies l’a nommée, avec trois autres personnes, commissaire pour administrer la première élection parlementaire en Afghanistan. Elle a également été conseillère du Bureau du Conseil privé et travaillé sur des dossiers concernant la Serbie, la Namibie, l’Ouganda, le Zimbabwe, le Mozambique, les Philippines et le Vietnam. Elle a également été conseillère de deux premiers ministres canadiens, Joe Clark et Brian Mulroney.

Elle a entamé sa carrière politique en 2008 lorsqu’elle a remporté le siège du comté provincial de Calgary-Elbow. Elle a été ministre de la Justice et procureure générale. Suite à la décision du premier ministre Ed Stelmach de se retirer, Mme Redford a cherché à décrocher le leadership. Bien que n’étant pas donnée favorite, elle gagnait et devenait ainsi la première femme à diriger le gouvernement de l’Alberta. En 2012, elle menait le parti à une victoire majoritaire. Elle a dirigé la province jusqu’à son départ de la politique en 2014.

Mme Redford réfléchit aux attentes auxquelles doivent faire face les femmes dans des rôles de leadership politique, des attentes que ne subissent pas les hommes.

« Les hommes ne sont pas obligés de se soumettre aux mêmes exigences pour réussir en politique. En revanche, les femmes en politique, surtout si elles veulent occuper des postes de leadership, sont tenues d’être tout pour tout le monde, la mère, la première ministre’ l’avocate. Vous devez être parfaite, mais vous n’avez qu’une seule chance ».

Pour en savoir plus sur les 12 premières ministres du Canada, ne manquez pas notre balado « pas de deuxième fois. »