Kathleen Wynne

Première ministre de l’Ontario • Février 2013 à juin 2018

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« Je regrette, non pas du tout. »

Voici le message que l’ancienne première ministre de l’Ontario Kathleen Wynne a envoyé à des millions d’électeurs ontariens vers la fin de la campagne électorale en Ontario de 2018. Elle reconnaissait la dynamique politique du moment : qu’elle n’était plus populaire auprès de l’électorat comme cheffe et que cela avait teinté lourdement la campagne.

Malheureusement, c’est là un phénomène au Canada qui se répète lorsque des premières ministres cherchent à se faire réélire.

Mme Wynne est née à Toronto en 1953 d’une mère musicienne et d’un père médecin. Son frère aussi était musicien. Elle a fréquenté les écoles publiques de Toronto avant d’obtenir des diplômes de l’Université de Toronto, de l’Université Queens et de l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario. Elle a cofondé l’organisme Citizens for Local Democracy en opposition à la fusion de Toronto Metro, elle a également fondé le Toronto Parent Network pour améliorer l’instruction publique.

Mme Wynne s’est présentée une première fois à un poste politique en 1994, celui de conseillère scolaire à Toronto, elle a perdu par 72 voix. Elle a continué à œuvrer comme revendicatrice sociale jusqu’en 2000 lorsqu’elle se portait à nouveau candidate. Au cours de la campagne, Mme Wynne s’est faite qualifier par ses adversaires de « lesbienne extrême ». Toutefois, elle a persisté et a gagné la fois d’après.

La victoire a signalé le début de ce qui devait devenir une remarquable ascension politique : en 2003, Mme Wynne remportait la nomination à Don Valley West en battant un ministre sortant et devenait députée au Parlement provincial; en 2004, elle devenait adjointe parlementaire au ministre de l’éducation et, en 2006, elle était elle-même nommée à ce même poste. Elle a dirigé plusieurs ministères et a présenté sa candidature à la direction du Parti libéral en Ontario en 2013. Mme Wynne a gagné la course, et devenait ainsi la première – et jusqu’ici la seule – femme à prendre la tête du gouvernement. Elle a dirigé pour une première fois le Parti libéral de l’Ontario lors d’une élection provinciale en 2014 et a obtenu une majorité de sièges. En 2018, Mme Wynne a dirigé une autre fois les élections provinciales, mais sans succès, son parti subissait une très lourde défaite se retrouvant avec sept sièges seulement.

Comment se fait-il qu’au Canada les premières ministres exécutent des mandats moitié moins longs que ceux des premiers ministres?

À cette question, elle répond que « les gens ne conservent pas une bomme image [des femmes]. Nous avons pu constater, à travers des sondages en début mandat que j’étais populaire. Les gens m’appréciaient. Vous pouvez toujours prétendre que j’ai pris des décisions politiques qui ont fait que les gens ne m’appréciaient plus – mais nous avions fait plusieurs sondages en fin de mandat et il s’est avéré que les gens ne rejetaient pas mes politiques. On n’a pas pu déceler les raisons de ce phénomène. Certains attribuaient cela à ma voix ou au fait de m’avoir assez vue. Mais je n’attribue pas notre défaite à ces éléments. Ça allait toujours être très difficile pour les Libéraux de l’Ontario de remporter cette élection. Quant à la question de l’appréciation – les intangibles qui font que les gens n’aiment pas un leader – elle se produit beaucoup plus fréquemment aux femmes qu’aux hommes ».

Pour en savoir plus sur les 12 premières ministres du Canada, ne manquez pas notre balado « pas de deuxième fois. »