Rita Johnston

Première ministre de la Colombie-Britannique • Avril à novembre 1991

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Les journalistes la surnommaient « Première maman ».

En étant nommée leader par intérim par le Crédit social en avril 1991, elle devenait la première femme à occuper le poste de première ministre au Canada.

Le lendemain, les grands titres des journaux se demandaient s’ils devaient l’appeler « Madame premier ministre » et décidaient plutôt de dire « Madame ». En fin de compte le titre de « Maman première ministre » prévalait.

Mme Johnston était peut-être une première ministre néophyte. Une néophyte qui connaissait très bien la fonction publique.

Madame Johnston est née en 1935 et s’est mariée avec son petit ami du secondaire à l’âge de 16 ans. Le couple a eu trois enfants. Elle a travaillé à la Surrey Chamber of Commerce. En 1969, à l’âge de 34 ans, elle se faisait élire au Surrey City Council à trois reprises.

En 1983, elle présentait sa candidature et était élue à l’Assemblée législative de Colombie-Britannique comme députée du Parti du Crédit social. En 1986, elle était réélue pour un second mandat et se voyait confier plusieurs portefeuilles ministériels par le premier ministre Bill Vander Zalm, qui avait été auparavant maire de Surrey alors que Mme Johnson en une était conseillère municipale. M. Vander Zalm la nommait vice-première ministre en août 1990, quelques mois avant de lui-même démissionner.

En avril 1991, après le départ de M. Vander Zalm et la chute de popularité du parti, Mme Johnston était nommée leader par intérim. En juillet, elle était officiellement élue cheffe et déclenchait peu après des élections.

En octobre, les électeurs de la Colombie-Britannique infligeaient au Crédit social une défaite dévastatrice perdant plus de la moitié du vote populaire et ne comptant plus que sept sièges. Mme Johnston même avait perdu son siège et se retirait de la politique. Depuis 1996, le Crédit social n’a pas obtenu de siège.

Un journaliste vétéran de Colombie-Britannique a décrit ainsi le règne de Mme Johnston : « Elle a hérité de la pire situation politique des temps modernes. Elle est devenue la cheffe du Crédit social après la démission scandaleuse de son prédécesseur, M. Vander Zalm, et ne disposait que de quelques mois pour remédier à la situation. Elle n’a pas réussi, ce qui n’est pas du tout surprenant. Vous savez ce qu’on dit, lorsqu’un parti devient désespéré, il a recours à une femme pour gérer les choses. Au Canada, c’est Mme Johnston qui été la première à le faire ».

Pour en savoir plus sur les 12 premières ministres du Canada, ne manquez pas notre balado « pas de deuxième fois. »